J'ai accouché avec péri pour la première, c'était sous provoc à cause d'un dépassement de terme, j'avais le moral au plus bas, et pas du tout la force de gérer la douleur. J'en voulais pas au départ, mais après six heures de contractions sous ocytocine j'en pouvais plus, d'autant que le col ne s'ouvrait pas. Finalement, la péri à cessé d'agir sur les dernières heures et j'ai eu un mal de chien à l'expulsion (avec ventouse et toutti quanti). Je garde un mauvais souvenir de cet accouchement.
Pour le deuxième j'ai voulu réessayer sans péri, et cette fois j'ai réussi. Je suis entrée en salle de naissance avec un moral d'acier et une volonté de réussir. Et je dis un grand merci à la méthode Bonapace, enfin, surtout à la sage femme qui l'a pratiquée avec moi, ça coupe la douleur de façon hallucinante. Et aussi merci à la maternité qui écoute vraiment les femmes, je n'ai pas eu de monito, ni de perfusion, j'ai pu bouger comme je voulais...La sage femme qui m'accompagnais me disais : "c'est vous qui accouchez, c'est vous le chef" et rien que ça, ça change tout ! (Mon mari dormait pendant que je souffrais, mais même ça, ça ne m'a pas découragée^^)
Je n'ai pas fait de prépa, pour aucun des deux accouchements, mais avant de vivre le deuxième, j'ai regardé un très beau film passé sur m6 il y a quelques semaines. ça montrait la façon dont les femmes accouchent à travers le monde. Je me suis dit que si en pleine désert les femmes avaient la force de donner la vie, sans médecin, ni péri, pourquoi moi, avec ma super maternité et des sages femmes au top je ne pourrais pas le faire ?
Quand les contractions étaient faibles, je respirais, quand elles sont devenues plus fortes, j'ai chanté pour les accompagner, quand c'est devenu insupportable, j'ai cherché la meilleure position pour les accueillir. Je n'ai pas essayé de chasser la douleur, mais de m'en imprégner, de la sentir pour mieux la contrôler, de la visualiser pour la gérer. Pour moi, c'est ce qui à marché. J'ai compris en accouchant la première fois, que la peur de la douleur rajoute au moins 50% de souffrance, alors je suis partie dans une optique différente.
"Accoucher c'est comme un marathon"...Le marathonien sait qu'il va souffrir en courant, mais sa douleur est normale, admise, et il n'en a pas peur parce qu'il sait qu'à la fin, la victoire va lui faire tout oublier. Pour quelques heures, je serais un marathonien, je vais souffrir, mais la récompense qui m'attends sur la ligne d'arrivée sera un tel bonheur que je ne me souviendrais même plus du reste.