Je voudrais vous raconter la petite histoire qui suit. Papa d'un petit de 8 mois et fidèle des Maternelles, ce forum est pour moi l'occasion de témoigner de ce que fut l'accouchement de ma compagne, Marion, à l’hôpital Saint Pierre de Bruxelles. [img] Ce qui devait être l’un des moments les plus heureux d’une vie fut un calvaire pour ma compagne. "On ne traiterait pas comme ça un chien " est le commentaire qui nous vient à l’esprit à chaque fois que nous repensons à cette nuit passée dans cette clinique, à chaque fois que nous nous disons devoir témoigner, et que nous ne le faisons pas, tant la tendance la plus naturelle nous pousse à l’oublier.
Pourtant, tout avait bien commencer. Une grossesse somme toute assez normale. Ma compagne étant suivie à Bordet pour des problèmes thyroïdiens, on nous avait conseillé de faire suivre la grossesse et d’aller accoucher à Saint pierre, tout proche. L’accouchement était prévu le 3 avril 11. Si l’on en croit la séance d’information du 29 janvier, tout devait être formidable. Très honnêtement, le kiné en charge de la présentation ce jour là nous avait « vendu » un accouchement tout confort, mais par-dessus tout tellement sécurisant de par la présence de sages femmes disponibles et rassurantes ; un clip tv nous présentait même la pièce jacuzi, … , bref ce que l’on est en droit d’attendre d’un hôpital moderne au cœur de l’Europe. Nous étions tellement rassurés que nous n’avons pas vu la nécessité de nous faire accompagner par un kiné ou notre gynécologue pendant l’accouchement, alors que notre assurance couvre totalement ce genre de frais.
Nous voilà donc en cette soirée du 3 avril, il est presque minuit. Les contractions sont très fortes et déjà très douloureuses. Ma compagne sait encore marché. Nous décidons de prendre la voiture pour nous rendre aux urgences. Nous ne trouvons pas cette entrée et nous garons près de l’entrée habituelle, fermée à cette heure. Nous sortons, et déjà, ma compagne me dit avoir trop mal pour marcher. « Reste sur place, je vais sonner à la porte ». Nous remontons en voiture et finissons par trouver les urgences.
Nous arrivons à l’étage d’accouchement où l’on nous demande la raison de notre présence, que nous expliquons. Comme il se doit, une infirmière prend la mesure de l’ouverture du col. Celle-ci n’étant que de trois centimètres et demi, la péridurale souhaitée n‘est pas encore possible. Pendant près de trois heures, nous allons attendre DEBOUT dans le couloir, sans que personne ne se soucie de nous. On peut s’asseoir dans la salle d‘attente, bien sûr, mais la douleur étant si forte, la position debout est encore la plus appropriée. Pendant ces heures, où ma compagne est debout et hurle de douleur, je demande plusieurs fois à l’accueil de revérifier l’ouverture du col, ce qui nous est refusé. Je leur dis une première fois : « on se croirait dans un pays du tiers monde. », « On nous avait parler d’un jacuzi. » On finit par mettre ma compagne dans le jacuzi où elle va hurler de douleur pendant plusieurs heures, en ma compagnie, sans voir personne. Lorsque je m’absente pour aller aux toilettes, je la retrouve au bord de l’évanouissement. Je retourne à l’accueil pour leur dire que maintenant il est temps de reme le l’ouverture du col, ce qu’on me refuse. La personne présente me dit : « Monsieur, quand on ne veut pas souffrir, il ne faut pas avoir d’enfant ».
Pourtant, je sais bien qu’au-delà d’une certaine ouverture, la péridurale ne sera plus possible. Mon agacement est plus que visible, et une sage femme me demande de me calmer. Je lui expose la situation et cette dame, la sage femme en chef, accepte de venir mesurer l‘ouverture. L’ouverture est à presque 8 cm, il est 8 h du matin. Enfin, on accepte donc de faire la péridurale et d’installer ma compagne dans un lit. Nous croyons alors à la fin d’un mauvais moment. La péridurale est installée par un médecin, qui finit son service, et la douleur commence à s’estomper. Nous sommes rejoints par une étudiante et une sage-femme. Pourtant, la trêve n’est que de courte durée. La douleur revient de plus belle, on augmente les doses de calmant, que nous pouvons actionner à l’aide d’un interrupteur. Et comme le bébé ne descend pas, on perce la poche des eaux vers midi trente.
J’interroge les personnes présentes : « Est-ce normal qu’elle ait de plus en plus mal ? » Pendant des heures, je vais entendre la personne la plus courageuse et la plus forte que je connaisse appeler au secours, crier qu’elle veut mourir. Je me rends compte que quelque chose ne va pas. La seule personne présente est l’étudiante qui nous tient un discours « psychologie de bazar » qui se résume à : « Vous pouvez être en colère (…) ». A un moment donné, je lui dis : « Nous voulons voir un médecin, je veux un médecin ». Monsieur : « Je comprends que vous soyez en colère, mais vous n’aidez pas votre femme ». « Vous voyez, Madame, votre mari ne vous aide pas. » A mon tours, « Madame, je ne suis pas en colère, je demande que quelqu’un vérifie la péridurale ». Arrive la sage femme en chef. Devant mon insistance et mon inquiétude tant pour ma femme que pour le bébé : « Monsieur, vous faites quoi comme métier ? ». Cette sage femme me menace de partir, laissant entendre qu’elle ne reviendra pas. Ma compagne lui SUPPLIE de rester. Elle finit par rester jusqu’à l’arrivée du médecin. On ne la reverra plus. Le médecin constate que la péridurale est détachée, ce qui devait être le cas depuis plusieurs heures. Sans doute la transpiration, d’après le médecin. Quelle heure est-il ? Peut-être 16h. D’après ce qui nous a été dit, la douleur avait été accentuée par le perçage de la poche. Par bonheur cette fois, nous ne reverrons plus l’étudiante « restez zen ». Jusqu’à l’arrivée de notre petit Louis, à 18h30, nous serons accompagnés par une sage femme néérlandophone, et un jeune médecin, très gentils tous les deux.
Frédéric