Je suis orpheline de père ... sachant que mon père avant de se tuer dans un sport dangereux avait quitté sa femme, ma mère, à 7 mois de grossesse .
J'ai grandi sans père et je n'en ai pas trop souffert pendant l'enfance . Le seul manque que j'ai ressenti , c'est vis à vis de a mère ... à partir d'un certain âge ( 5 ou 6 ans) elle n'a plus du tout été affectueuse avec moi , je crois qu'elle avait peur que je fasse mon oedipe de travers et que je devienne lesbienne ... de la grosse co**erie, je voue une haine inconditionnelle à Freud pour ça ...
Je ne dirais pas que cela n'a pas affecté ma vie de jeune adulte: difficultés d'accepter une autorité masculine, je ne suis qu'une sale petite rebelle . Mais de là à dire que j'ai "souffert", non.
Ma mère a toujours été claire avec moi à propos de mon père, me racontait les faits sans pour autant le diaboliser , me disant souvent que j tenais ça ou ça de lui ...
Il y a eu des moqueries ( car à l'époque encore, pour certaines femmes "bien pensantes", les femmes seules étaient des femmes sans honneur si vous voyez ce que je veux dire ) mais je ne leur accordait pas de valeur car je connaissais la vérité sur ma famille... et j'ai vite appris à mépriser les petits "intéressants" de ce genre... Les gosses sont cruels , si ça n'avait pas été ça ils auraient trouvé autre chose pour se fiche de moi : dans les collège zep on aime pas les premières de la classe , surtout quand elles portent des sandalettes et des T-shirt Mickey.
Bref ... Non je n'ai pas tant souffert, j'ai pleuré et haï le sorts bien des fois de ne pas avoir de papa ni de grand père pour m'apprendre à bricoler , pour casser la figure aux méchants qui pourrissaient la vie de ma mère ( car une femme seule est aussi vulnérable , et donc proie facile pour les abrutis malintentionnés) ou pour m'offrir un poney ... Mais au final, quand je voyais mes camarades de classe terrorisés à l'idée de montrer leur carnet de notes à un père qui les battrait, quand j'ai vu des enfants completement perdus psychologiquement de voir leur famille voler en éclat , leur mère traitée comme une chienne, leur père adultère... je me suis dit "chacun sa m*rde" au final , il n'y a pas forcément de situation plus enviable qu'une autre... Moi je n'ai pas de père et d'autres préfèreraient ne pas en avoir...
Idem pour le fait d'etre fille unique: je me sentais parfois seule mais certains de mes amis qui avaient des freres et soeurs m'enviaient ... j'avais ma maman pour moi toute seule, personne ne me cassait mes jouets, je ne me faisais pas engueuler pour les bêtises d'un cadet... bref, j'avais la paix .
C'est sur, j'aurais rêvé d'avoir un frère facile à vivre fun et soigneux comme mon petit cousin, avec qui j'aurais fait les 400 coups, mais j'aurais aussi pu tomber sur un frère comme mon grand cousin: violent cynique et jaloux (qui s'est amélioré avec l'âge heureusement !) ...
Je ne saurais jamais lequel des deux modèles j'aurais eu , ami ou ennemi . Je ne pouvais donc pas me plaindre de ne pas en avoir du tout car, en aurais-je eu un, peut etre que j'aurais été plus malheureuse que sans ... C'est comme ça .
Mais bon, j'étais peut etre assez mure pour mon age mine de rien ...
Message édité par Ferthys le 02-03-2012 à 10:57:35